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Accueil > Le village > Quelques Données Géographiques, Géologiques ...

QUELQUES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES, GÉOLOGIQUES ...

Le territoire communal de 730 ha est de forme homogène, bordée au Sud par le massif forestier de "Essarts Dédier" et "Grand Chau" en relation avec le bois de Franois et au Nord par une dépression ou passe I’autoroute. Le sol appartient à l' histoire de la mise en place de la chaîne du JURA lors de la montée des Alpes. Les couches géologiques sont soulevées vers le Nord et s'enfoncent légèrement vers le Sud-Ouest. 


I -
Le cadre naturel 
     1 - L'environnement naturel :
le milieu physique
     2 -
Les milieux naturels. 
II -
Le cadre urbain.

I - Le cadre naturel
(étude faite par Thèrèse Beaufils, ingénieur écologue société EPURE).

1.1 - L'environnement naturel : le milieu physique

GEOLOGIE
 
Histoire géologique sommaire

L'histoire géologique tertiaire de la région est essentiellement continentale. Au début du Tertiaire (-65 millions d'années), la région a été soumise à une érosion intense sous un climat chaud. Sur les plateaux calcaires, les réseaux karstiques se développent.

À l'Oligocène se produit une phase de déformations donnant des plis dans le Jura suisse et des failles dans le reste du massif. C'est ainsi que sont apparues des zones affaissées comme la vallée de la Saône et la vallée de l'Ognon.

Cette phase est suivie au Miocène d'une longue période de stabilité tectonique. La mer recouvre la partie orientale et la bordure méridionale du Jura. Sur la surface émergée, l'érosion est active.

 
Au Pontien (fin du Miocène), dès le retrait de la mer miocène, se produit le plissement principal du massif: la haute chaîne se soulève. L'ensemble de la couverture décollée du socle se déplace vers l'extérieur en provoquant des chevauchements importants des parties externes du Jura sur le bassin bressan.

Des mouvements post-pontiens engendrent des déformations et des surrections des zones tectonisées.

L'histoire plus récente du Quaternaire est marquée par les glaciations et les eaux courantes. Les Avant-Monts subissent une érosion périglaciaire qui adoucit les reliefs et active la solifluxion.

Le territoire communal de Chemaudin est entièrement inscrit dans la région naturelle des "AvantMonts", région qui trouve son origine aux environs de Dole dans le département du Jura et se termine dans le Pays de Montbéliard dans le département du Doubs. Il s'agit d'une région assez mouvementée au niveau géomorphologique, faite d'une succession de plis orientés généralement nord-est ;sud-ouest, entrecoupés de nombreuses failles, et de zones plus planes.

Le territoire de Chemaudin est assez représentatif de cette région naturelle. La commune présente une assez grande disparité, en effet, entre le nord et le sud. La limite entre ces deux parties est marquée par un chaînon, bien visible dans le paysage, orienté nord-ouest / sud-est. Au nord de ce chaînon s'étend un versant assez marqué, exposé au nord-ouest, contre lequel viennent s'appuyer les vallées des deux principaux cours d'eau de la commune. À l'opposé, côté sud, on remarque des versants beaucoup plus doux qui laissent ensuite la place à un vaste plateau truffé de dolines qui s'étend bien au-delà des limites du territoire communal.

Les séries stratigraphiques.

L'origine de ce relief se trouve dans les caractéristiques stratigraphiques de la commune. En effet :
  • Le versant exposé au nord-ouest est constitué de roches tendres, imperméables, composé des marnes de l'Aalénien et du Toarcien, encore appelées "Schistes carton",
  • Le vaste plateau au sud est constitué d'un ensemble de calcaires durs, oolithiques ou à entroques, fortement diaclasés et à l'origine d'un important réseau karstique (calcaires du Bathonien et du Bajocien (moyen et inférieur). Le chaînon qui limite ce plateau vers le nord est constitué lui aussi de calcaires du Bajocien inférieur .
Le fond des vallées est recouvert d'alluvions modernes. Une petite lentille d'alluvions fluviatiles anciennes (apportées par le Doubs) est située au sud du territoire communal, à proximité d'un affleurement de marnes et de calcaires marneux de l'Oxfordien ("Château Gaillard").

Écoulements superficiels

Deux petits cours d'eau drainent le territoire communal de Chemaudin de façon permanente (voir carte du réseau hydrographique). Ils trouvent leur origine à la base des niveaux marneux de l'Aalénien et du Toarcien, dans la partie inférieure du versant exposé au nord-ouest. Il s'agit :
  • Du Ruisseau des Prés, prenant naissance à la Source de Chevrey et augmentant son débit par un affluent en rive droite. Quittant Chemaudin par le nord, il traverse les communes de Vaux-LesPrés et Mazerolles-le-Salin avant de rejoindre le Ruisseau de Noironte sur le territoire d'Audeux,
  • Du Ruisseau de Baigne-Cul, prenant sa source à Champfort, à l'ouest du village. Il compte quelques affluents secondaires et se jette dans le Ruisseau de Rix sur le territoire communal de Vaux-Les-Prés, ce dernier étant un affluent en rive droite du Ruisseau des Prés.


 
Ces deux cours d'eau font partie du bassin versant de l'Ognon. Le chaînon qui partage la commune en deux participe également à la limite de répartition des eaux, c'est-à-dire le bassin versant de l'Ognon pour les cours d'eau situés au nord de ce chaînon, le bassin versant du Doubs pour les cours d'eau qui s'écoulent au sud de ce chaînon. Sur Chemaudin, la partie correspondant au bassin versant du Doubs ne compte pas d'écoulement superficiel mais seulement des écoulements souterrains (réseau karstique).
 
Écoulements souterrains
 
- Caractéristiques des aquifères

Selon la nature des terrains, la potentialité des aquifères peut varier de façon assez conséquente. À Chemaudin, trois types d'aquifères sont inventoriés :
  • un aquifère formé par les calcaires diaclasés, oolithiques ou à entroques du Bathonien et du Bajocien, très productif et perméable,
  • un aquifère moyennement productif formé par les alluvions modernes des petits cours d'eau, ainsi que les formations fluviatiles (alluvions anciennes) situées au sud de la commune,
  • un aquifère peu à non productif, correspondant aux marnes de l'Aalénien et du Toarcien, ainsi qu'aux marnes et calcaires marneux de l'Oxfordien (petit affleurement au sud de la commune).
- Vulnérabilité des aquifères (voir carte de vulnérabilité)

   Aquifères très sensibles à la pollution
Les niveaux de calcaires fissurés, karstifiés, sont très sensibles à la pollution par le fait que la surface est en contact direct avec le sous-sol (transmissivité importante). Une pollution accidentelle s'infiltrera rapidement dans le sol et sera conduite, de façon souterraine, vers des émergences voire les cours d'eau permanents ou la nappe alluviale. Le plus souvent, les interventions sont impossibles pour enrayer le processus de pollution. Les pollutions constatées aux résurgences ont souvent pour origine des infiltrations d'eaux de surface à grande distance (plateau). Sur le territoire communal, ces entités correspondent principalement à des massifs boisés et des zones agricoles. Mais une partie du village et notamment la plus récemment urbanisée est assise sur ces formations très sensibles.

   Aquifères moyennement sensibles à la pollution

Les alluvions modernes et les formations fluviatiles anciennes sont moyennement sensibles car protégées par une couverture argilo-limoneuse. Les actions d'intervention pourront être efficaces en cas d'accident polluant, avant que le flux n'atteigne l'aquifère. Par contre, malgré une extension limitée, la contamination pourra persister longtemps. Ces aquifères sont recouverts par des zones agricoles et boisées mais aussi par une partie de la zone industrielle et certains écarts.

 
  Aquifères non sensibles à la pollution.
 
L'aquifère, représenté par les niveaux marneux de l'Aalénien et du Toarcien ainsi que les calcaires marneux de l'Oxfordien, donc peu perméables, reste peu sensible du fait qu'un flux polluant ne s'écoulera pas à travers les marnes mais ruissellera plutôt en surface. Une intervention reste toujours possible avant que le flux n'atteigne le réseau hydrographique.
 
Spécificités du site :



 
Risques liés aux effondrements.

Le vaste plateau qui s'étend au sud du village de Chemaudin est constitué de calcaires compacts formant un réseau karstique très important. Les principaux témoins, en surface, sont les dolines en nombre très important dans ce secteur, visibles aussi bien en milieu forestier que dans les zones agricoles et même dans le village. Ces dolines trouvent leur origine dans l'effondrement de la couche calcaire. Il s'agit ici d'un risque connu puisque les effondrements peuvent encore se produire à l'heure actuelle mais ils resteront localisés.

Risques liés à l'eau

Les limites communales au nord et au nord-ouest sont occupées par des petits cours d'eau: le Ruisseau de Baigne-Cul et le Ruisseau des Prés. Lors de précipitations importantes et/ou prolongées, le risque d'inondation est à craindre dans les environs de ces cours d'eau. Ce risque, pour les habitants, reste imité aujourd'hui à Chemaudin, compte tenu de l'absence d'urbanisation dans ce secteur des vallées.

Un autre facteur de risque lié à l'eau est celui provoqué par le ruissellement des eaux météoriques le long des pentes sur marnes. Le secteur sensible concerne la partie du village situé au nord-ouest du chaînon en crête. Rappelons à ce propos que des incidents de type "catastrophe" sont déjà survenus dans la commune.

Risques liés à la pollution des eaux souterraines

En ce qui concerne les risques de pollution des eaux souterraines, on se référera au paragraphe précédent.
 
Climat

Les précipitations moyennes sur les 25 dernières années sont de 1101,3 mm/an et se répartissent de façon assez homogène sur l'ensemble des saisons de l'année. Les fortes pluies ne sont pas responsables de zones d'inondation massives mais de secteurs de rétention d'eau.
 

Avant de commencer la description de chacun des éléments naturels qui composent le territoire communal de Chemaudin, citons ici les secteurs naturels les plus intéressants. Il s'agit des vallées des ruisseaux (Ruisseau des Prés, Ruisseau de Baigne-Cul) composées d'un ensemble de milieux originaux et bien conservés et qui forment une belle zone humide. Le secteur spécifique du Ruisseau des Prés s'accompagne d'ailleurs d'un arrêté de protection pour trois espèces de poissons et le fait qualifier de "secteur d'intérêt faunistique".
 
Analyse de la végétation
 
Méthodologie

L'intérêt floristique d'un milieu peut s'appréhender de plusieurs façons, soit par une approche botanique où l'on appréciera seulement la présence d'une ou plusieurs espèces rares sur le site, soit par une approche plus fine qui tient compte alors des conditions de milieu dans lesquelles les espèces se sont développées: il s'agit de l'approche phytosociologique.

Cette méthode permet de mettre en évidence l'existence de groupements végétaux que l'on appelle "associations végétales". Selon M. GUINOCHET (1973), "t'association végétale est une combinaison originale d'espèces, reflétant les conditions écologiques du milieu. Elle réunit des individus d'association qui possèdent en commun les mêmes caractéristiques fIoristiques, écologiques, dynamiques, chorologiques et historiques. "

L'étude de la végétation a été menée en réalisant un échantillonnage sur le terrain, sur des zones homogènes tant au niveau de la topographie que du type de milieu et de la végétation spontanée. À l'endroit choisi, toutes les espèces présentes ont été notées.

L'ensemble des relevés floristiques est ensuite rangé dans des tableaux synthétiques permettant de les classer et d'analyser chaque groupement présent, en se basant sur des comparaisons avec les études déjà établies (bibliographie).
 
La forêt

La forêt occupe presque la moitié du territoire et ce essentiellement dans la partie sud (environ 300 hectares sur 750 hectares pour la superficie totale de la commune). Les boisements recouvrent essentiellement les formations calcaires sur le plateau, mais il existe des petits bois sur le versant au nord-ouest, de taille réduite et résultant sans doute de l'abandon des pratiques agricoles ou de la culture de la vigne et des vergers il y a plusieurs décennies.

Les cours d'eau sont également boisés sur leurs rives, ces boisements linéaires composant ce que l'on appelle une ripisylve (*).

Le territoire communal étant inscrit en totalité dans la région des Avant-Monts, à l'étage collinéen, c'est-à-dire à l'étage des forêts climaciques, ces dernières seront composées à base de hêtre, chênes et charme. Les conditions particulières de topographie, de sol et de sous-sol, la présence de l'eau... sont autant de facteurs qui permettent à un nombre certain de groupements végétaux de s'installer .

Sur le plateau plus ou moins creusé de dolines :

Si la strate arborescente est conforme à celle des forêts de l'étage collinéen, les strates arbustives et herbacées, fidèles aux conditions écologiques stationnelles, ont permis de différencier plusieurs groupements végétaux :
  • La chênaie-charmaie- (hêtraie) calcicole (*), sur sols superficiels à peu épais, souvent très caillouteux, assez répandue sur le substrat calcaire. Ce groupement abrite souvent des espèces vernales comme la jonquille, l'asperge des bois...
  • La chênaie-hêtraie-charmaie neutroohile (*) sur sol moyennement épais, sur calcaires recouverts d'argiles de décarbonatation, avec un tapis herbacé peu diversifié mais recouvrant,
  • La hêtraie-chênaie-charmaie mésoneutroohile (*) à acidicline (*), sur sol épais, commençant à se désaturer, le sous-étage et le tapis herbacé sont pauvres par rapport aux autres groupements du secteur .
Il existe un noyau commun d'espèces qui se retrouve pratiquement dans chacun de ces groupements.

Dans la strate arborescente, ce sont les chênes (pédonculé et sessile) qui dominent, fréquemment accompagnés du hêtre, des érables champêtres et sycomore, du charme, du frêne commun, du tilleul à grandes feuilles... Le tilleul à feuilles cordées et le merisier apparaissent dès que les sols sont un peu plus profonds, comme dans les bas de versants ou dans les fonds de dolines qui ponctuent les plateaux. Dans les secteurs les plus "séchards", l'alisier blanc complète le cortège. Enfin, dans le cas où les sols commenceraient à êtres désaturés, le hêtre prend une place plus importante. Dans de nombreux cas, le robinier faux-acacia a largement remplacé ces diverses essences.

La strate arbustive présente un cortège de base avec des espèces neutroclines (*) : noisetier , aubépine commune, rosier des champs, viorne obier... Dans le cas des formations calcicoles (*), le cortège s'enrichit considérablement avec des espèces neutrocalcicoles (*) : camerisier à balai, viorne lantane, lauréole, aubépine monogyne... ou calciclines (*) : troène, fusain d'Europe, cornouiller sanguin, groseillier des Alpes... Par contre, lorsqu'il s'agit des groupements neutrophiles (*) ou acidiclines {*), ce cortège s’appauvrit considérablement et il reste essentiellement les espèces neutroclines {*) ou une acidicline (*) à fort recouvrement: la ronce commune. Dans le cas des sols désaturés, le chèvrefeuille des bois est abondant.

Les différences des caractères écologiques {épaisseur des sols, exposition, présence ou non de calcaire actif en surface...) sont particulièrement bien perçues par les composantes de la strate herbacée. Sur les sols peu épais {formations calcicoles {*)1 les espèces calcicoles (*), neutrocalcicoles (*) et calciclines {*) sont abondantes: héllébore fétide, campanule gantelée, gesse printanière, laîche digitée, laîche glauque, mercuriale pérenne, brachypode des bois... Le cortège est complété par un nombre important d'espèces neutroclines {*) : anémone des bois, pervenche, vesce des haies, lamier jaune, lierre commun, raiponce en épi, sceau de Salomon commun, euphorbe des bois, violette des bois, stellaire holostée, muguet... Comme dans le cas de la strate arbustive, le cortège slappauvrit dès que lion passe à des sols plus épais où Ilinfluence du calcaire, pour les plantes herbacées, ne se fait plus sentir. Apparaissent alors un plus grand nombre dlespèces acidiclines {*) {millet diffus, luzule poilue, canche cespiteuse...) tandis que les espèces citées précédemment se raréfient considérablement.

Dans le bas des versants, dans le fond des dolines ou de certains vallons où les sols sont tout de même assez bien drainés, le cortège floristique slenrichit dlespèces indicatrices de fraîcheur, neutronitrophiles {*) ou neutronitroclines (*), comme Ilail des ours, le scille à deux feuilles, le gouet tacheté, le lierre terrestre, la ficaire, le bugle rampant, l'anémone fausse renoncule, la corydale bulbeuse, la parisette à quatre feuilles, la primevère élevée, la cardamine des prés, la fougère femelle, Iloxalide petite-oseille, la fougère spinuleuse... On peut alors distinguer une variante hygrocline (*) de la chênaie-charmaie-{hêtraie) calcicole ou neutrophile (*).

Sur le versant exposé au nord-ouest :

Les niveaux marneux correspondent souvent à des pentes plus ou moins marquées dans le paysage. Clest le cas par exemple sur le versant exposé au nord-ouest. Ces niveaux marneux accueillent aussi un groupement forestier, localisé aux petits bois, dominé par le chêne sessile et le bouleau, appelé chênaie à molinie sur marnes. Le hêtre est parfois présent mais dans un état médiocre. La strate arbustive est assez pauvre avec les espèces déjà citées dans la strate arborescente, accompagnées de bourdaine, de ronce commune... La caractéristique de ce groupement tient dans l'abondance de la molinie bleuâtre qui recouvre le sol de façon quasi-monospécifique. Le brachypode des bois, la laîche glauque, le lierre commun... sont les principales compagnes.

Dans les vallées des ruisseaux :

Deux types de forêts humides se sont installés à Chemaudin : l'aulnaie-frênaie à chêne oédonculé et l'aulnaie marécageuse.

Cette dernière colonise les platières de petite superficie, sur sols hydromorphes, situés en arrière des cours d'eau dans la vallée des ruisseaux, sur des banquettes alluviales et dans un secteur où les sols

sont engorgés une bonne partie de l'année. C'est l'aulne glutineux qui domine le cortège arborescent. Le frêne, le tremble et l'orme sont présents mais en nombre réduit. La strate arbustive est beaucoup plus diversifiée avec des espèces liées aux conditions d'humidité: ronce bleuâtre, houblon...,accompagnant des espèces plus mésophiles {*) comme la viorne obier, la ronce commune... Les espèces qui composent le cortège floristique herbacé, assez luxuriant, appartiennent aux groupes hygrophile {X) {reine des prés, Iysimaque commune, salicaire, prêle, baldingère...) et mésohygrophile {*) {eupatoire chanvrine, grande valériane, gaillet gratteron...). Même si les espèces végétales observées dans cette aulnaie ne présentent pas un intérêt patrimonial important {espèces assez fréquentes dans la région), le groupement végétal qu'elles composent est à considérer avec attention .

Dans les parties moins longtemps engorgées, en contact plus direct avec le ruisseau, s'établit une forêt riveraine, appelée ripisylve, proche de l'aulnaie-frênaie à chêne oédonculé.

C'est le frêne et l'aulne glutineux qui dominent l'essentiel du cortège arborescent. Le saule blanc, le chêne pédonculé, le charme, le peuplier noir, l'érable à feuilles de frêne, l'érable sycomore... sont des compagnes fidèles.

La strate arbustive est diversifiée mais pas toujours très recouvrante. Les principales espèces sont l'aubépine monogyne, le fusain d'Europe, le houblon, la viorne obier, le cornouiller sanguin, le troène, le groseillier rouge, le noisetier, le saule des vanniers... Il en est de même pour la strate herbacée, surtout dans ce secteur où ces milieux sont fortement soumis à la pression humaine {passages pour la pêche) : reine des prés, roseau commun, gaillet gratteron, ortie dioïque, eupatoire chanvrine, ficaire du printemps, scrophulaire noueuse, canche cespiteuse, épi lobe hirsute, salicaire, pâturin commun, lierre...

Malheureusement, ces deux groupements végétaux ont souvent été profondément remaniés et existent aujourd'hui, en plusieurs endroits, sous forme de peupleraie.
 

Les haies et les bosquets, les arbres isolés ou alignés

Ces éléments végétaux, qu'ils soient arbustifs ou sous forme de grande haie arborée, existent encore en très grand nombre sur le territoire communal de Chemaudin. Ils présentent d'ailleurs plusieurs avantages :
  • rôle anti-érosion, dans le cas où ils suivent les courbes de niveaux et notamment sur les versants marneux bien marqués ou les talus de l'autoroute,
  • rôle écologique pour l'accueil de la faune, pour la protection du bétail,
  • rôle social lorsqu'ils bordent les limites de parcelles ou les chemins,
La trame est quasiment toujours la même: frêne commun, chêne pédonculé, charme, érable champêtre, merisier... Les arbustes formant le sous-étage sont des espèces très communes dans le secteur: noisetier, aubépine monogyne, prunellier, cornouiller sanguin, viorne lantane, fusain d'Europe, troène, églantier. ..La strate herbacée est moins typique, composée d'une part d'espèces forestières quand les haies sont suffisamment larges ou s'il s'agit de bosquets: lierre terrestre, géranium herbe-à-Robert, lierre commun, potentille stérile, gouet tacheté, euphorbe des bois... ou au contraire d'espèces prairiales ou rudérales dans le cas des haies plus étroites: dactyle aggloméré, ortie dioïque, gaillet gratteron...

Les arbres isolés ou alignés sont également présents. Les essences les plus fréquentes sont le chêne pédonculé, le frêne commun, le tilleul à grandes feuilles, l'érable sycomore, l'érable champêtre. ..La présence de l'eau dans le sol est marquée, sur la commune de Chemaudin, par l'abondance d'espèces d'arbres liés à l'eau: peuplier, saule blanc, noyer dans une moindre mesure, et cela même sur versant.
 
Les vergers
 
Les vergers sont encore abondants sur le territoire communal et ils participent allègrement à l'animation du paysage et à l'intégration du bâti dans son milieu environnant. Généralement en bon état quand ils sont proches du village, ils peuvent retourner peu à peu à un stade presque forestier en passant par l'intermédiaire "friche", dans le cas des vergers les plus éloignés ou les moins accessibles. C'est le cas notamment à "Champfort", entre l'autoroute A36 et la R.D. 11, dans une moindre mesure sur le chaînon de Rougemont.
 
Les arbres et arbustes d'ornement

L'ensemble du bâti est accompagné d'une végétation ornementale particulièrement abondante. Si dans quelques cas, on a su conserver ou aménagé les abords des habitations avec des espèces locales, c'est loin d'être toujours le cas. En effet, dans les parties urbanisées ces dernières décennies (depuis 30 ans environ), l'utilisation des espèces exotiques comme le thuya, le laurier et autre sapin bleu a été largement prépondérante. Pourtant le charme, le troène, le frêne commun, les érables, le cornouiller sanguin, le fusain d'Europe..., espèces locales, donnent de très beaux exemples de haies.
 
Les friches et les pelouses

Certains secteurs, autrefois cultivés ou pâturés, sont aujourd'hui abandonnés pour diverses raisons. Peu à peu, ils retournent à l'état forestier, suivant une série dynamique qui va leur permettre de passer d'un milieu ouvert (la pelouse) à un milieu fermé (la forêt).

Les friches représentent une de ces étapes dynamiques, apparaissant physionomiquement comme un groupement arbustif très dense, parsemé çà et là de petits arbres. Les arbustes sont généralement

des épineux, ce qui rend toute progression difficile dans ce type de milieu. On remarque la présence du prunellier, de l'églantier, des aubépines commune et monogyne, de la ronce commune, du genévrier... Le noisetier, le cornouiller sanguin, le troène... complètent le cortège arbustif. Au sol, où la lumière est réduite, le lierre est quasiment le seul à se développer. Même si les espèces qui composent ces milieux n'ont qu'un intérêt très limité au niveau floristique, ils offrent par contre un habitat intéressant pour une partie de la faune.

Les pelouses représentent un autre type de milieu bien spécifique et intéressant, notamment par son faible développement à Chemaudin. Les pentes sur niveaux marneux à "Le Paradis" (ouest de la commune) accueillent une pelouse sur marnes, dont le cortège floristique est dominé par la molinie bleuâtre et le brachypode.
 
Les prairies
 
Les prairies occupent la quasi-totalité du versant marneux exposé au nord-ouest. Elles existent ailleurs sur le territoire communal, mais sont moins fréquentes et imbriquées souvent avec des zones

de culture intensive. Généralement, ce sont ces groupements végétaux qui occupent les situations les plus contraignantes (relief accidenté, éloignement du village, zone inondable...).

Elles se distinguent en prairie de fauche ou en prairie pâturée. Dans cette dernière, le cortège est assez banal avec des espèces à repousse rapide ou avec un appareil végétatif développé en rosette. Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont l'achillée millefeuille, la brunelle commune, la carotte sauvage, le pissenlit, le dactyle aggloméré, la flouve odorante, la crételle, l'ivraie vivace, la pâquerette, la cardamine des prés, la centaurée jacée, le plantain lancéolé, la renoncule âcre, le trèfle des prés...

Dans les secteurs un peu plus frais (fond de combe), on note l'apparition du colchique d'automne, de

la véronique petit chêne, du jonc diffus, de la renoncule rampante...

Les prairies de fauche se caractérisent par l'abondance des "grandes herbes" : fromental, dactyle aggloméré, houlque laineuse, pâturin commun, pâturin des prés, fétuque des prés, trisette... La marguerite, le plantain lancéolé, le sainfoin, l'oseille sauvage... sont des compagnes fréquentes.
 
 
Les groupements saxicoles (*)

Les groupements saxicoles (*) colonisent les murs de pierre sèche, assez peu nombreux dans la partie ancienne du village. Orpins divers, joubarbe, campanule à feuilles rondes... se disputent la place au soleil, pendant que fougères, lierre et géranium herbe-à-Robert... colonisent plutôt la face ombragée.
 
Les zones humides

Les secteurs concernés par les zones humides sont tout d'abord ceux liés aux ruisseaux (Ruisseau des Prés, Ruisseau de Baigne-Cul). On remarque également la présence d'autres petites zones humides mais liées cette fois-ci au passage de l'autoroute.

À côté de forêts riveraines ou de haies arbustives de saules, il existe des groupements végétaux qui sont particulièrement à leur place dans ces secteurs liés à la présence de l'eau. Il s'agit de :
  • Prairies humides où le fond du cortège floristique déjà décrit précédemment s'enrichit d'espèces hygrophiles (*) ou mésohygrophiles (*) : renoncule rampante, touffes de joncs, laîches diverses.
  • Roselière composée presque exclusivement de roseau commun, parfois accompagné de salicaire, de reine des prés...,
  • Mégaphorbiaie, groupement représenté par des "hautes herbes" comme la reine des prés, l'eupatoire chanvrine, la Iysimaque commune, la baldingère. ..
En conclusion, la présence conjointe de belles forêts riveraines, de prairies humides bien conservées, de roselières et d'une formation végétale de transition entre les deux écosystèmes terrestre et aquatique, représentée par une mégaphorbiaie, confère aux vallées des ruisseaux (Ruisseau des Prés, Ruisseau de Baigne-Cul) des caractéristiques écologiques particulières, représentant des zones humides, écosystèmes intéressants à plus d'un titre et malheureusement en pleine régression depuis quelques années.
 
Analyse de la faune

Méthodologie

La diversité topographique et édaphique du territoire communal de Chemaudin est à l'origine d'un éventail important de biotopes correspondant plus ou moins à de grandes unités physionomiques qui sont :
  • les massifs forestiers et les bosquets,
  • les haies, les friches et les autres milieux buissonnants, .les milieux ouverts,
  • les milieux humides, .les zones habitées.
Nous avons inventorié chacun de ces secteurs, soit sur le terrain par observations directes, soit en recherches bibliographiques, ce pour chaque grande famille. Les résultats sont les suivants.

Détermination des différentes espèces et de leurs spécificités

Les oiseaux

L'avifaune, grâce à la diversité des biotopes, est riche mais assez commune.

La forêt est très riche en espèces qui exploitent tous les niveaux, du sol à la cime des arbres. Chaque espèce s'insère dans les différents milieux en exploitant chacune une niche écologique qui lui est propre. L'avifaune est bien caractéristique des forêts de la région: pic épeiche, sitelle torchepot, grimpereau des bois, pinson des arbres, mésange charbonnière, pouillot véloce...

Les rapaces utilisent les grands arbres et leurs cavités pour établir leurs nids: chouette hulotte, buse variable, épervier d'Europe...

Les haies et les bosquets, zones plus ouvertes et surtout plus lumineuses, forment une zone de transition entre différents types de milieux. Ils servent à la fois d'abri, de refuge et de source d'alimentation. La faune qui fréquente les haies n'est pas spécifique à ce type de milieux mais elle l'utilise plutôt lors de ses déplacements. On trouve alors en cohabitation des espèces de milieux ouverts (champs et prairies) et de milieux fermés (forêts). Bouvreuil pivoine, chardonneret, grive draine, merle noir, fauvette à tête noire, serin cini, bruant jaune... sont parmi les plus fréquents.

Les arbres des haies sont des postes d'observation de première importance pour les rapaces comme la buse, le milan royal, l'épervier d'Europe...

Dans les champs et les prairies, qui servent avant tout de source d'alimentation pour de nombreux animaux, on retrouvera certaines espèces déjà citées: milan royal, buse variable, faucon crécerelle, le jour, chouette hulotte la nuit... Les espèces, qui ont au moins une partie de leur régime granivore, picorent les semis ou les épis: corneille noire, pigeon ramier... Sur le plateau, dans les zones de grandes cultures ou de prairies artificielles, il n'est pas rare d'observer l'alouette des champs, la bergeronnette grise, la fauvette des jardins, la fauvette à tête noire, la fauvette babillarde, le verdier d'Europe, le pipit des arbres, le bruant jaune... utilisant tour à tour les milieux ouverts et les haies qui les animent.

Les espèces fréquentant les haies sont souvent les mêmes que celles qui fréquentent les vergers ou la végétation installée aux abords des habitations: serin cini, verdier d'Europe, bruant jaune... Les plus vieux vergers, évoluant souvent en friches, sont des sites potentiels pour des rapaces peu fréquents: chouette chevêche, hibou petit-duc... ou pour le torcol.

La zone urbanisée offre d'autres potentialités. Certains oiseaux utilisent les anciens greniers ou les vieux bâtiments en ruine pour y nicher. C'est le cas de nombreux rapaces nocturnes comme les chouettes. D'autres utilisent la végétation ornementale ou les arbres fruitiers des vergers pour s'alimenter et nicher. À la belle saison, les rues s'animent du ballet incessant des hirondelles (de cheminée et de fenêtre) ou du martinet noir. La tourterelle turque, le moineau domestique... sont des compagnes fidèles. Quelques espèces rencontrées ailleurs sur le territoire se rapprochent des habitations à la mauvaise saison pour s'alimenter: rouge-gorge, rouge-queue noir, grimpereau des jardins, chardonneret, pinson des arbres, fauvette des jardins, merle noir, pie bavarde, diverses mésanges...

Les mammifères

Le chevreuil et le sanglier sont des hôtes très communs des bois du secteur. Ils utilisent égaiement, au crépuscule ou la nuit, les champs et prés voisins pour s'alimenter.

Le renard parcourt essentiellement les lisières et occupe un milieu plus éloigné pour son abri. Par

contre, il utilise fréquemment les milieux ouverts lors de ses pérégrinations comme d'autres petits carnivores (fouine, belette...). L'écureuil est fréquent.

De taille plus réduite, les petits rongeurs sont communs en milieu forestier: mulot sylvestre, campagnol roussâtre... ou en zone agricole: taupe, campagnol des champs, campagnol agreste...

Comme pour l'avifaune, la faune des haies, dans le cas des mammifères, n'est pas spécifique. Le lapin y creuse parfois son terrier. Les carnivores (mustélidés, canidés) les utilisent pour prospecter leur territoire de chasse à l'abri des regards indiscrets et des proies.

Les reptiles et les batraciens

Les murs de pierre sèche sont des refuges intéressants pour le lézard des murailles.

Les zones humides des vallées du Ruisseau des Prés et du Ruisseau de Baigne-Cul servent de refuge à quelques batraciens communs: grenouille rousse, crapaud commun...

Les poissons

Divers renseignements attestent de la présence potentielle de trois espèces de poissons protégées sur le réseau hydrographique "Lanterne -Breuil -Noironte", auquel appartient le ruisseau des Prés. Il s'agit du brochet, de la truite et de la Vandoise. Même si ces poissons paraissent inconnus à Chemaudin, ils sont protégés par l'arrêté du 8 décembre 1988 qui préconise "l'interdiction de destruction et d'enlèvement des oeufs, la destruction ou la dégradation des milieux particuliers et notamment des frayères...".

      Hiérarchisation :

Chaque élément naturel a été analysé selon son intérêt écologique ou paysager. L'appréciation de la valeur écologique repose sur certains critères comme la diversité spécifique et écologique, la rareté d'espèces ou d'associations végétales, le degré d'artificialisation, le rôle écologique exercé sur le milieu physique, le rôle dans le fonctionnement de l'écosystème.

Cette méthode permet de dégager les zones à très grand intérêt écologique. Trois niveaux sont ainsi définis :

       -  Niveau I: très grand intérêt écologique, .niveau Il: intérêt écologique marqué,
       -  Niveau III: intérêt écologique limité. 
 
À Chemaudin, la situation est la suivante (cf. carte du diagnostic écologique) 
 
       -  Niveau I
  • Zones humides des vallées du Ruisseau des Prés et du Ruisseau de Baigne-Cul comprenant des formations arborées (ripisylve des ruisseaux, prairies humides, mégaphorbiaie, cours d'eau),
  • Petites zones humides liées au passage de l'autoroute A36 comprenant des roselières et des forêts humides, ainsi que des fourrés de saules,
  • Autres petites zones humides situées dans le village d'une part, à proximité de la salle de sport d'autre part, et comprenant des formations boisées, des prairies humides ainsi qu'une mégaphorbiaie,
  • Haies et bosquets à rôle anti-érosion sur pentes marneuses marquées et talus,
  • Pelouses et friches à "Le Paradis".
       -  Niveau Il

massifs forestiers situés sur l'ensemble du territoire communal,
  • Haies et bosquets à rôle paysager (limites de chemins ou de parcelles, clôture dans le village...), de façon à conserver l'aspect bocager (cf. carte),
  • Vergers bien entretenus à rôle paysager sur les versants à proximité ou à l'intérieur du village .végétation plus ou moins liée à l'urbanisation mais présentant un intérêt écologique ou paysager,
  • Vieux murs de pierre sèche.
       -  Niveau III
  • Prairies mésophiles,
  • Cultures,
  • Plantations diverses,
  • Végétation ornementale "exotique", .milieux dégradés. 
2.1 -Les origines du village
 
Les premières traces d'occupation humaine à Chemaudin datent du néolithique puis de l'âge du bronze, comme en témoignent les trouvailles d'objets sur son territoire. À l'époque romaine, la voie qui relie Dole à Besançon le traverse (à l'emplacement de la D.216). Là encore, de nombreux vestiges furent trouvés de cette époque.

Sur l'origine du nom, on peut hésiter entre un nom d'homme et calmella, dérivé de calmis qui signifie chaume. C'est probablement à la fin du Xllè siècle ou au début du Xlllè que prend naissance la prébende de Chemaudin (1212), avec l'appartenance du village à la seigneurie du chapitre de Besançon. Les habitants relèvent aussi du château de Montferrand.

À la guerre de Dix ans, le village est ruiné mais se repeuple après l'annexion de la Franche-Comté par la France en 1678. Plus tard, la Révolution n'épargne pas non plus la localité.

Chemaudin reste jusqu'au milieu du XXème siècle un petit village agricole; la viticulture prospère aux XVllème et XIXème siècles.

La population amorce un renouvellement important à partir des années 1960 du fait de la croissance de l'agglomération bisontine.
 
2.2 -Les évolutions de la trame bâtie

2.2.1 Le village du XIXè siècle

Le premier cadastre a été levé en 1820. Il montre une structure de village-rue, le long de l'ancienne voie romaine, avec une partie la plus importante implantée en crête. À l'extrémité nord du village, de façon assez inhabituelle, et au point le plus haut, se situe l'église qui domine ainsi tout le village et se repère de loin.

Les espaces publics sont formés d'une place agrémentée d'une fontaine. Plusieurs ruelles délimitent des sortes de petits quartiers.

Les imposants bâtiments indiquent une certaine richesse des habitants.

Le parcellaire étroit à proximité de l'espace habité révèle la probable culture de jardins et de vignes.

2.2.2 Le village d'aujourd'hui

Chemaudin a fortement subi le phénomène de péri-urbanisation qui a frappé la plupart des villages de l'agglomération bisontine. L'urbanisation a évolué de façon très hétérogène et très fragmentée.

Deux types d'urbanisation se juxtaposent :
  1. l'urbanisation" au coup par coup " : on la trouve le long des voies secondaires ou des anciens chemins. Occupant la façade des voies, elle empêche une bonne organisation des terrains à l'arrière.
  2. les opérations groupées sous forme de lotissement: assez curieusement, ces opérations se sont réalisées de façon excentrée, ce qui ne favorise pas une extension harmonieuse du village, d'autant que la plupart de ces opérations sont organisées avec des voies en impasse. Les quartiers ne communiquent pas entre eux. La morphologie de ces quartiers résulte d'un découpage homogène des parcelles à partir d'une voie principale; le résultat est peu satisfaisant (paysage monotone, espace public insuffisant) sauf dans la dernière opération (rue des Laves) qui témoigne d'une certaine qualité d'organisation. On trouve également les opérations groupées sous forme de collectifs à la Roberde, le long de la D.11 et le long de la D.216.
Dans le premier cas, on observe une forte densité du bâti, mais la construction de l'espace et une recherche de qualité du bâti donnent une identité au quartier.

Dans le second cas, si l'on observe une volonté de construction de l'espace, la densité relativement forte et le manque de qualité de traitement de l'espace public ne rendent pas le quartier très attractif. Par ailleurs, les collectifs en bordure de voie souffrent des nuisances de bruit.

Dans le dernier cas, la typologie des bâtiments semble mieux répondre à celle du village.

Par ailleurs, une zone industrielle a été créée en 1971, en plein cœur de la forêt. A l'origine, la position de cette zone se justifie par la proximité de la nationale sur laquelle la D.216 se rattache directement, et surtout par la possibilité de raccordement ferroviaire.
 
La zone a accueilli quelques entreprises puis a semblé végété. Aujourd'hui, elle est pratiquement remplie. Elle accueille des entreprises à risques ou sources de nuisances (l'éloignement de la zone par rapport aux habitants diminue les risques et nuisances engendrés par ces entreprises) ou qui ont besoin d'une forte emprise (transports par exemple). Elle a été conçue une façon" minimaliste " d'un point de vue urbanistique et paysager et son impact pourrait être plus négatif sans la présence de la forêt.

Le raccordement de la zone sur la D.216 mériterait des aménagements pour améliorer la sécurité.

3 -Enfin, de grands bouleversements ont été induits par les infrastructures: création de l'autoroute, déviation de la N.73 et aménagements de la D.173 entre la N.73 et la gare de péage. Toutes ces infrastructures, auxquelles il faut ajouter la voie ferrée, créent des nuisances sonores, ainsi que des coupures dans le territoire lui-même ou avec les territoires voisins.

2.2.3 Analyse

Installé sur une crête, dominant un finage agricole entouré de bois, le village de Chemaudin avait choisi une position favorable à bonne exposition, bien reliée aux villages voisins.

La péri-urbanisation a bouleversé cette organisation initiale, modifiant les relations du village avec son territoire physique :
  • le village s'est orienté vers une vocation résidentielle affirmée mais pas toujours maîtrisée,
  • la fonction agricole, encore bien présente, est fortement concurrencée par l'urbanisation,
  • Le développement urbain rompt avec la logique d'implantation ancienne: les coteaux sont investis au détriment des vergers, on empiète sur le domaine agricole et on s'approche jusqu'aux confins de la forêt. En remplacement d'un développement lent et continu s'impose une logique d'opportunités foncières et un urbanisme d'opérations ayant chacune leur logique propre.
Il reste malgré tout des traces vivaces de la vocation primitive du bourg, notamment au travers d'un patrimoine architectural original, et grâce à la conservation d'un certain nombre de vergers.

Il est néanmoins difficile de faire le lien aujourd'hui entre les différentes étapes de développement du village. Les conséquences les plus flagrantes sont l'étalement urbain, assez important à Chemaudin, le fractionnement de l'urbanisation en différentes opérations sans lien entre elles, l'éloignement de certains quartiers (au nord de la D.11 par exemple, Combe au Prêtre), et l'étiolement du centre initial.

Le développement futur devra compter avec toutes ces contraintes.
 
2.2.4 Réseau viaire, transports

La commune se situe entre trois axes majeurs de communication :
  • L'autoroute A.36 d'une part, qui longe la limite nord du territoire,
  • la N.73 d'autre part, qui en longe la limite sud
  • la N. 173 qui relie, en longeant la limite est du territoire, les deux axes précédents.
Ces trois voies connaissent un trafic important (respectivement > 22000 véh/jour, >18000 véh/jour, près de 10000 véh/jour) à l'origine de nuisances de bruit non négligeables. Ainsi, l'A.36 affecte toute la pente nord du coteau, mais le relief empêche la dispersion du bruit vers le village. Le bruit engendré par la N.173 et la N.73 n'affecte pas le village.

Deux départementales traversent le territoire :
  • la D.11 (près de 2000 véh/jour), axe de traversée est-ouest du village, affecte considérablement les espaces urbains proches,
  • la D.216, axe nord-sud. Cette voie dessert essentiellement la zone d'activités.
La commune est également traversée par la voie ferrée Dole-Belfort, classée voie bruyante mais dont les nuisances n'affectent pas le village. La commune bénéficie de la proximité de deux arrêts ferroviaires à Besançon et à Dannemarie-sur-Crête.

Elle est également desservie par la ligne de transports urbains Ginko (arrêts sur la D.11 ). Les autres voies sont communales.

De nombreux chemins défruitent l'espace agricole et forestier, dont certains sont d'anciennes liaisons avec les villages voisins (ancienne route de Dannemarie par exemple). Ils permettent la découverte du territoire, des accès à la forêt et sont parfois agrémentés d'aires de pique-nique (ainsi près du quartier de " Champs Richard " et route de la gare de Dannemarie).

Un de ces chemins sert de support de randonnée et rejoint les circuits du GR de Pays de la ceinture verte de Besançon.
2.3.1 Les éléments bâtis
  1. Chemaudin possède une assez belle église, inscrite à l'inventaire des monuments historiques, qui fut construite en 1736; l'édifice comprend un clocher-porche à dôme à l'impériale, caractéristique des clochers comtois.
  2. Rue des Lancis, la" maison du bailli" est une maison de maître dotée d'une tourelle d'escalier, qui fut probablement édifiée après la guerre de Dix Ans. Elle comporte des fenêtres à meneaux, des plafonds à la française, un sol pavé de dalles, une cheminée monumentale et une cave voûtée. Elle fut réunie à une maison voisine construite en 1747 (linteau gravé) comportant une cuisine à colonne centrale et voûte de pierre (four à pain).
  3. Mais ce qui fait la particularité de la commune est le nombre de ses maisons dites" à lancis ", construites pour la plupart au XVlllè siècle. Ce terme désigne le plus souvent un avant-couvert destiné à abriter un escalier. Il est soutenu par un alignement de corbeaux supportant la charpente. Le toit repose sur des colonnes en bois de chêne.
    Ces éléments, situés dans la rue principale et rue des Lancis, sont repérés sur la carte du paysage et doivent impérativement être protégés
  4. .D'autres constructions méritent également attention: soit qu'elles sont représentatives de l'architecture rurale, soit qu'elles affichent un style de maison bourgeoise. Enfin, un petit château entouré d'un parc ceint de murs de pierre rue du Château, peut être considéré comme un élément du patrimoine.
  5. Les autres éléments du patrimoine rural sont représentés par une fontaine publique (1881 ) comportant un bassin-abreuvoir à deux auges et surmontée d'une statue de Marianne, sur la place principale, de croix et calvaires, des murs de pierre en encore assez grand nombre.
             Par ailleurs, de nombreuses maisons ont conservé des linteaux ou stèles gravés.
 
2.3.2 Les éléments naturels
  1. La commune ne compte plus de vignes sauf une toute petite parcelle près du château d'eau. Enfin, on s'abstiendra de construire trop près de la forêt (cf. quartier" Champs Richard ") qui apporte ombre et humidité aux habitations.
  2. Conserver la palette végétale du village, notamment les vergers qui pourront être favorisés dans les nouvelles opérations (sur terrain privé) ou en plantations d'alignement (sur espace public).
  3. Protéger les accès à la forêt depuis les espaces bâtis et les itinéraires de promenade.
  4. Stopper l'étalement urbain et préserver l'agriculture: ces deux objectifs doivent être envisagés globalement (les espaces agricoles les plus productifs doivent impérativement être protégés pour garantir la pérennité des exploitations).
2.4 -Recommandations

2.4.1 Affirmer la structure paysagère globale
  1. Protéger la forêt qui forme la frange sud du territoire et isole visuellement Chemaudin des communes périphériques: en conséquence, il conviendra également de fixer les limites de la zone d'activités en fonction de la viabilité des espaces forestiers. Enfin, on s'abstiendra de construire trop près de la forêt (cf. quartier" Champs Richard ") qui apporte ombre et humidité aux habitations.
  2. Conserver la palette végétale du village, notamment les vergers qui pourront être favorisés dans les nouvelles opérations (sur terrain privé) ou en plantations d'alignement (sur espace public).
  3. Protéger les accès à la forêt depuis les espaces bâtis et les itinéraires de promenade.
  4. Stopper l'étalement urbain et préserver l'agriculture: ces deux objectifs doivent être envisagés globalement (les espaces agricoles les plus productifs doivent impérativement être protégés pour garantir la pérennité des exploitations).
2.4.2 Construire l'espace urbain

Le principal problème à résoudre dans le cas de Chemaudin est la segmentation des différents quartiers. Vu le nombre de voies en impasse, il sera sans doute difficile de retrouver des liaisons correctes, mais des actions permettraient d'améliorer la lisibilité du territoire.
  1. Pérenniser les caractères du village d'origine: repérer les constructions anciennes qui présentent une architecture intéressante et réglementer les travaux sur ces constructions, protéger les cheminements existants, aménager l'espace public central.
  2. Hiérarchiser fortement le système viaire : l'axe principal peut être traité en avenue (D.11 ), la rue de la Nouelle peut recevoir un traitement correspondant à une" zone 30 " , les rues de desserte peuvent être traitées sur le même principe que celui adopté dans l'opération rue des Laves. Dans la mesure du possible, les quartiers seront reliés entre eux par des cheminements piétonniers et des accès piétonniers seront favorisés vers les équipements publics (écoles, équipements sportifs, ...) .
  3. Autres éléments à réaménager: la place entre la rue des Maisons Neuves et la D.11. En premier lieu, sa fonction doit être précisée: est-elle principalement un espace de stationnement en lien avec le point de vente? A-t-elle une autre fonction? Si le terrain n'est pas public, peut-être conviendrait-il d'y inscrire un emplacement réservé pour un réaménagement de place, par exemple.
2.4.3 Lutter contre les nuisances et les risques.
  1. Les nuisances de bruit vis à vis des secteurs habités sont surtout importantes en périphérie d'autoroute et de la D.11. Dans le premier cas, on recommandera de ne pas dépasser la limite nord actuelle du village.
    Dans le deuxième cas, on recommandera des aménagements de la voie de façon à diminuer la vitesse des véhicules; par ailleurs, un recul suffisant par rapport aux voies pourrait être prescrit dans le règlement de la zone; ce recul pourrait être utilisé en voie cyclable ou piétonne.
  2. Les risques sont essentiellement dus à l'accélération du ruissellement pluvial que l'on peut craindre si le coteau est trop fortement urbanisé. Dans les secteurs en pente, on veillera donc à limiter l'imperméabilisation des sols.
  3. Enfin, quelques zones d'effondrement ou zones basses sont à signaler dans l'espace urbanisé, pour lesquelles l'urbanisation éventuelle devrait être soumise au préalable à une étude géotechnique. Il s'agit des lieux-dits "sous la Gamelle" et "à Montavril".



     




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