Histoire

RESUME de l’histoire de Chemaudin et Vaux

 Les premières traces d’occupation humaine remontent au Néolithique et une présence dans la zone est confirmée à l’age du bronze. La départementale RD 11 qui traverse le village, reprend le tracé d’une voie gallo-romaine.

Le site de Chemaudin est mentionné sous l’orthographe « Chemadein » au XIIème siècle comme prébende du chapitre métropolitain de Saint Etienne de Besançon, qui exerce alors les pouvoirs « de haute justice, mainmorte et four banal ». Les habitants relèvent aussi du château de Montferrand (dit le château), et ils doivent assurer le guet et la « montre d’armes ».

Le village fût ruiné durant la guerre de Dix Ans et il est progressivement reconstruit, notamment depuis l’annexion au royaume de France de Louis XIV de la Franche Comté en 1678 après le traité de Westphalie. L’essentiel des revenus du village provient de l’agriculture. lors du recensement de 1688, les 77 habitants élevaient 76 bêtes à cornes, 40 porcs, 76 chèvres et moutons, 4 chevaux. Ils cultivaient aussi des céréales et de la vigne. Dans la seconde moitié du XVIllème, on signale l’existence d’une tuilerie. La révolution donne lieu à des affrontements entre « patriotes » et contre-révolutionnaires et une partie du village se mobilise pour récupérer son curé réfractaire, qui sous bonne escorte, était conduit à Dôle, événement appelé « l’insurrection de Chemaudin ».

Chemaudin reste jusqu’au milieu du XXème siècle un petit village agricole de quelques centaines d’âmes, vivant surtout de la culture de céréales et de l’élevage. La viticulture y fût importante aux XVIIIème et XIXème siècles. Le village fût épargné lors des grands conflits européens mais après la retraite de l’Armée de Bourbaki sur Besançon en janvier 1871, une infirmerie est installée dans l’école des « sœurs grises » et chez quelques particuliers. Dix-huit soldats de 21 à 26 ans du 4ème bataillon de Gardes Mobiles de Saône-et-Loire y meurent entre le 8 février et le 12 mars 1871.

La population décline lentement de 1831 jusqu’en 1936, avant d’amorcer un redressement qui s’accentue à partir des années 1960 et s’amplifie avec le développement industriel de la région Franche Comté, la proximité de la ville de Besançon, et la présence d’axe de communications favorables. La zone industrielle de Chemaudin-Besançon Ouest crée en 1975, accueille deux douzaines d’entreprises. En 1983, il restait 4 exploitants agricoles qui élevaient essentiellement des vaches laitières. Les dernières vignes disparaissent peu à peu. Chemaudin fait parti avec 57 autres communes de la périphérie de Besançon de la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon ( CAGB) depuis le 1er janvier 2001, cette structure remplaçant et étendant l’ancien District de Besançon.

LES MAIRES

– 1815     TISSOT Claude

– 1817     GALLIOT Claude Pierre

– 1833     BERTHOD Jean-François – Adjoint faisant Fonction

– 1837     SEVY Vincent

– 1846     CORNE François

– 1849     JEANNIN Joseph

– 1870     GALLIOT Alexandre – Maire nommé

– 1881     POINTURIER Urbain

– 1884     GALLIOT Alexandre – Maire nommé

– 1900     BARÇON Nicolas

– 1913     GALLIOT Félix

– 1922     CUPILLARD Eugène

– 1927     POINTURIER Célestin – Démis en 1928

– 1928     GALLIOT Edmond – Démis même année

– 1929     BERTHOD André

– 1935     GALLIOT Edmond

– 1945     BERTHOD André

– 1971     GALLIOT René

– 1989     VACHERET Geneviève

– 2001     GAVIGNET Gilbert

DENISE ARNOUD

Un Personnage de l’Histoire du Village

Une combattante de la laïcité, un siècle avant Jules FERRY

(au début de la Révolution).

Née à CHEMAUDIN, le 19 décembre 1756, Denise ARNOULD est la première maîtresse d’école connue du village, où elle enseignait déjà avant la Révolution. Les archives communales conservent la trace du renouvellement annuel de son contrat en 1791.

La maîtresse est rétribuée à la fois par la commune (36 livres par an) et par les parents qui doivent verser chaque mois 4 sous pour chaque élève apprenant à lire, 5 sous pour ceux qui apprennent à écrire et 6 sous pour ceux qui y ajoutent l’ arithmétique.

Denise ARNOULD est révoquée le 26 novembre 1 791 par le procureur-syndic de la municipalité parce qu’elle a refusé de conduire ses élèves à la messe et au catéchisme. Deux conceptions s’affrontent : celle du procureur pour qui l’ enseignante doit accompagner les enfants aux offices et celle de Denise ARNOULD qui entend les laisser libres d’aller ou non à l’ église avant d’entrer en classe. L’ opinion du procureur est partagée par une majorité de la population d’un village jugé  » très peu patriote « , c’est à dire hostile aux idées nouvelles de la Révolution. Le Curé CORNE a prêté le serment constitutionnel mais avec des restrictions et il sera, l’année suivante, considéré comme réfractaire et décrété d’arrestation.

En 1795, une centaine d’habitants de VAUX et CHEMAUDIN attaquent les six gendarmes qui conduisaient Gabriel BOURGEOIS, ancien vicaire du village, vers les geôles de Dijon. Beaucoup d’habitants de CHEMAUDIN refusent donc les changements et il était demandé à la maîtresse de continuer ses tâches  » comme il a été d’usage et pratiqué du temps passé « . Sous l’Ancien Régime, les maîtres d’école étaient totalement sous le contrôle des prêtres dont ils étaient également les assistants et les sacristains. En 1775, le recteur d’école Jean-CIaude DROUHARD est engagé à CHEMAUDIN à condition de chanter les messes et autres offices, de porter l’ eau bénite chaque dimanche dans les maisons, d’assister le curé ou le vicaire pour porter les sacrements aux malades, de faire la prière pendant l’ Avent ou le Carême en cas d’absence du curé, de blanchir les linges de l’ église, remonter l’horloge, allumer la lampe devant le Saint Sacrement, de sonner la cloche pour l’ Angélus, le matin, à midi, le soir, ainsi qu’en cas de grêle ou de tempête enfin d’enseigner et de catéchiser les enfants…

L’archevêque de Besançon avait tous pouvoirs pour les nominations ou révocations des maîtres ou maîtresses. Cela avait eu des effets positifs après les guerres du XVIIème siècle, les archevêques de Grammont avaient fait appliquer, avec beaucoup de zèle et d’efficacité, les édits royaux rétablissant une école dans chaque paroisse. CHEMAUDIN a ainsi son régent d’école au moins depuis 1682. le cardinal Antoine de Choiseul, archevêque de Besançon depuis 1754 a encouragé l’ouverture d’écoles pour les filles.

Toutefois après 1789, les esprits sont profondément divisés: une tendance moderniste pénétrée d’idées philosophiques s’oppose aux traditionalistes et aux prêtres réfractaires à la constitution civile du clergé.

Nommé en avril 1791, le nouvel évêque de Besançon, Seguin, est un partisan des idées nouvelles, il a été président du directoire départemental en 1790 et sera député à la Convention. Mais une grande partie du clergé et des fidèles refusent de le suivre.

A Besançon, le  » Club des amis de la Constitution  » lutte farouchement contre l’ église, il fait disparaître tous les noms de rues d’origine religieuse et ses membres remplacent leurs prénoms par des noms botaniques. Dans la même ligne, un club de femmes  » la Société des femmes républicaines de Besançon  » est fondée à la fin de 1791.

Denise ARNOULD appartient à ce courant  » patriotes  » puis  » républicain  » opposé au cléricalisme. Son père Simon ARNOULD, originaire de CORCONDRAY, n’est qu’un pauvre manœuvrier illettré qui travaille pour les plus riches agriculteurs. Avant 1789, les filles de manœuvriers ne fréquentaient guère l’école la promotion au rang de maîtresse de cette fille d’humble origine est sans doute due à une vive intelligence. En 1791, elle à 35 ans, restée célibataire – ce qui est alors rare- elle fait preuve d’une étonnante indépendance d’esprit.

Laïque, Denise ARNOULD n’était sans doute pas athée, elle avait été en 1787, la marraine de Jean-Claude MUNNIER, fils d’un manœuvrier de Chemaudin. Elle refuse l’omnipotence du curé et des chanoines de Besançon qui n’hésitaient pas à traîner la communauté en procès et à la pressurer de multiples redevances: dîme, poules, corvées, pintes de vin par muid, etc…

Sous l’ autorité directe du curé et embauchée par contrat annuel, la . maîtresse était jusqu’alors dans une situation dépendante et précaire.

 

Qu’est-elle devenue après son renvoi ? Cela reste une page d’histoire à découvrir. . Peut-être a-t-elle exercé son métier dans une commune voisine. Elle ne reviendra pas à CHEMAUDIN où elle est remplacée par une jeune fille du village plus malléable, Jeanne-Françoise DROUHARD, qui restera jusqu’à l’ arrivée des Soeurs grises en 1835 . L’enseignement féminin restera confessionnel jusqu’au début du XXème siècle.

 

 

 

La vie du village

La vie associative reste importante et dynamique:

associations de loisirs et d’entretien physique (gym, danse),

associations sportives pratiquant la compétition avec un club de foot et de tennis au sein de l’Association Sportive de Chemaudin, le Judo Club, l’Entente Cycliste et un centre canin. Elles disposent de locaux pour pratiquer leurs activités, d’une grande salle des associations, d’un vestiaire, avec terrain de foot et de tennis. D’autres infrastructures permettent la pratique libre du volley, du hand ou basket, du skate ou du roller et de la pétanque.

Le village est aussi le siège d’associations culturelles ou de rencontres actives (3ème age club couture, Pastels, Réseau d’Echange et de Savoirs du Canton, Chansons aux Pommes…),et d’une association de solidarité internationale avec l’Aide au Développement du Sahel. Une nouvelle association reprend en charge cette année le jumelage avec Molschleben (Allemagne, Thüringe ).

La bibliothèque municipale, le centre socio-culturel dont les missions vont de l’animation en collaboration avec les nombreuses associations, au renforcement des liens entre habitants et générations, et qui assure également l’accueil du relais d’assistance maternelle du canton d’Audeux,

un centre de loisirs,

une restauration scolaire

activités pour les jeunes

Tous ces élements permettent de donner aux Chemaudinois un large éventail de services culturels ou sociaux et de proximité.et permettent l’intégration des nouveaux habitants au village.

Un contrat temps libre et un contrat éducatif local complètent les dispositifs ou les moyens mis en œuvre pour occuper la jeunesse avec en particulier la présence d’un animateur jeune.

La fête autour de l’école et de la musique en juin, la fête du village le dernier week-end de septembre et le Téléthon en décembre sont les évènements les plus significatifs et qui mobilisent l’ensemble du village.

En alternance, une année sur deux, un vide grenier à l’automne ou un marché de Noël en décembre sont organisés par l’association des parents d’élèves.

Le village compte deux groupes scolaires, l’école Denise Arnoux groupant la maternelle et les sections du CP au CE2 et l’école Jules Ferry qui accueillent dans les anciens bâtiments au centre du village les classes de cours moyens.

Une salle multimédia dans le nouveau groupe scolaire reliée à l’Internet par une liaison haut débit ADSL, mise à la disposition des écoles, des adolescents et des adultes, donne une dimension moderne aussi bien à l’éducation ou l’initiation des N.T.I.C. qu’aux activités ludiques comme les jeux en réseaux ou la photographie numérique.