Personnalités remarquables

Denise ARNOUX


Première institutrice connue du village

Née à CHEMAUDIN, le 19 décembre 1756, Denise ARNOUX est la première maîtresse d’école connue du village. Les archives communales conservent la trace du renouvellement de son contrat en 1791.

Sous l’autorité directe du curé et embauchée par contrat annuel, la maîtresse est rétribuée à la fois par la commune (36 livres par an) et par les parents qui doivent verser chaque mois :

  • 4 sous pour chaque élève apprenant à lire,
  • 5 sous pour ceux qui apprennent à écrire
  • 6 sous pour ceux qui y ajoutent l’ arithmétique.

Une belle ascension sociale

Denise Arnoux est la fille de Simon ARNOUX, un pauvre manœuvrier illettré originaire de CORCONDRAY, qui travaille pour les plus riches agriculteurs.

Avant 1789, les filles de manœuvriers ne fréquentaient guère l’école ; aussi accéder à la profession de maîtresse d’école est sans doute le signe d’une vive intelligence pour cette fille d’origine humble.

Des idées novatrices

Elle fait preuve d’une étonnante indépendance d’esprit qui s’ancre en partie dans les idées de son époque.

Ainsi, par exemple, en 1791, à 35 ans, elle est encore célibataire, ce qui est rare à l’époque.

Elle est laïque mais sans doute pas athée car elle a été en 1787, la marraine de Jean-Claude Munnier, fils d’un manœuvrier de Chemaudin. Cependant, Denise Arnoux appartient aux courants  « des patriotes  » puis  « républicain  » opposé au cléricalisme. Elle refuse l’omnipotence du curé et des chanoines de Besançon qui n’hésitent pas à traîner la communauté en procès et à la pressurer de multiples redevances: dîme, poules, corvées, pintes de vin par muid, etc…

Une société encore très conservatrice

Denise ARNOUX est révoquée le 26 novembre 1 791 par le procureur-syndic de la municipalité parce qu’elle a refusé de conduire ses élèves à la messe et au catéchisme.

Deux conceptions s’affrontent : celle du procureur pour qui l’ enseignante doit accompagner les enfants aux offices et celle de Denise ARNOUX qui entend les laisser libres d’aller ou non à l’ église avant d’entrer en classe. L’ opinion du procureur est partagée par une majorité de la population d’un village, encore très conservatrice, et hostile aux idées nouvelles de la Révolution.

Qu’est-elle devenue après son renvoi ?

Cela reste une page d’histoire à découvrir… Peut-être a-t-elle exercé son métier dans une commune voisine.

En tout cas, elle ne reviendra pas à CHEMAUDIN. Elle est remplacée par une jeune fille du village, Jeanne-Françoise DROUHARD, qui restera institutrice jusqu’à l’ arrivée des Soeurs grises en 1835.

Didier-Grégoire TRINCANO


Didier-Grégoire Trincano naît à Vaux-les-Prés en 1719.

Une origine sociale contestée

Didier-Grégoire Trincano se dit fils d’un voyageur de commerce d’origine milanaise installé à Vaux. Cependant, certaines sources affirment qu’il n’est qu’un simple fils de colporteur.

« Il éleva, dans la suite, la prétention de descendre d’une ancienne et noble famille du Milanais ; mais le P. Dunand, si savant en généalogie, ne la trouva pas fondée »

Louis-Gabriel MICHAUD – Biographie universelle ancienne et moderne – 1864

Mathématiques et arts de la guerre

En étudiant les mathématiques de façon brillante, il obtient une chaire de professeur adjoint à l’école d’artillerie de Besançon.

Nommé ingénieur militaire, il sert au siège de Fribourg en 1744, en Provence, en Italie puis à Berg Op Zoom (Pays bas) en 1747.

De retour en France, il reprend sa place à l’école d’artillerie et publie un mémorandum « Quelle serait la manière la plus économique de fabriquer du sel en Franche Comté ? » en 1754 pour lequel il obtient le prix des arts de l’académie de Besançon.

Au cours des années 1760, il est envoyé en Tunisie pour conduire les travaux de fortifications de la ville de Kairouan.

  • Fondateur d’une école

    A son retour en France, nommé « professeur de mathématiques des chevaliers et pages », il établit, à Versailles, une école, dans laquelle a étudié son fils, Louis-Charles-Victoire. Celui-ci, né en 1754, a suivi les traces de son père et a été l’auteur d’ouvrages sur les mathématiques et les fortifications.

    Les oeuvres de Didier-Grégoire Trincano

    Les ouvrages qu’on lui connaît sont « Discours sur les fortifications, et de la nécessité d’un maître de mathématiques pour l’infanterie » (1755), « Eléments de fortifications, de l’attaque et de la défense des places » (1768), « Traité complet d’arithmétique à l’usage de l’école militaire des chevaux-légers de la garde du roi » (1781).

    Une vieillesse marquée par le chagrin

    Profondément marqué par le décès précoce de son fils en 1785, il décède en 1792.

  • Fondateur d’une école

    A son retour en France, nommé « professeur de mathématiques des chevaliers et pages », il établit, à Versailles, une école, dans laquelle a étudié son fils, Louis-Charles-Victoire. Celui-ci, né en 1754, a suivi les traces de son père et a été l’auteur d’ouvrages sur les mathématiques et les fortifications.

    Les oeuvres de Didier-Grégoire Trincano

    Les ouvrages qu’on lui connaît sont « Discours sur les fortifications, et de la nécessité d’un maître de mathématiques pour l’infanterie » (1755), « Eléments de fortifications, de l’attaque et de la défense des places » (1768), « Traité complet d’arithmétique à l’usage de l’école militaire des chevaux-légers de la garde du roi » (1781).

    Une vieillesse marquée par le chagrin

    Profondément marqué par le décès précoce de son fils en 1785, il décède en 1792.